menu
"Dieuff dieull, am diokhé téy dokhé ndigueul..."
Le modèle économique mouride: une référence pour le développement du pays

Le modèle économique mouride proposé comme solution.

En outre, pour le juriste Abdoulaye Sakho, le modèle économique mouride est un système local bien structuré et sur lequel on peut s’inspirer pour développer le pays.

Mais pour cela, il faut relever certains défis auxquels il fait face. Il s’agit de le rendre plus moderne et l’orienter davantage vers l’industrialisation. ‘’Les mourides ont toujours excellé dans la production. Le défi, aujourd’hui, est d’aller vers la transformation locale de la production pour que les matières premières aient plus de rendement pour les producteurs.

L’autre défi est la formalisation de l’informel’’, estime-t-il. Pour M. Sakho la question centrale est de voir comment formaliser ce modèle économique pour qu’il puisse participer au développement du pays. Dans ce dessein, il propose de revoir les lois, car, précise-t-il, cette économie informelle n’est pas illicite en soi, mais c’est la manière de l’exercer qui la rend illicite. Elle n’est pas répréhensible en soi, mais c’est la manière de le faire qui est répréhensible.

‘’Cette forme illégale de travailler est parfois due à la méconnaissance des lois, parfois d’une volonté délibérée ou encore de l’inéquation des lois’’. Pour lui, c’est sur ce dernier point qu’il faut insister.

La solution, pense-t-il, est d’établir des lois qui prennent compte de cette économie et qui sont conformes aux réalités locales. Il faut donc revoir le droit fiscal sénégalais trop inspiré de l’Occident pour l’adapter à nos réalités. Autrement dit, décomplexer le système fiscal comme le modèle économique mouride l’a fait dans la science économique.

‘’Le droit fiscal est en lui-même un important facteur de développement du secteur informel et de l’incivisme fiscal, pour deux raisons essentielles : la complexité du droit fiscal et l’organisation administrative’’.

Le secteur informel possède, assurément, les moyens d’un fonctionnement endogène, un ordre juridique qui lui est propre, son propre droit du travail, son propre droit commercial et ses propres modes de financement.

L’ignorer revient à saper les bases d’une utilisation féconde de ce secteur dans la perspective du développement économique et social de notre pays’’, estime, ferme, l’agrégé en droit. Pour Abdoulaye Sakho, ‘’le secteur informel a ses propres règles que le droit étatique ne connait pas.

Il a aussi son propre ordre juridique que l’Etat gagnerait à prendre en compte plutôt qu’à réprimer comme faisant une concurrence déloyale au secteur moderne’’.

C’est pourquoi, estime-t-il, ‘’les opérateurs économiques de l’informel doivent se retrouver rapidement en situation d’acteurs et non plus de sujets passifs que l’Etat tolère, réprime ou récupère selon les circonstances’’. ‘’Aujourd’hui, l’économie informelle suscite un vif intérêt chez toutes les parties prenantes au développement.

On a compris que le développement, ce n’est pas seulement l’accueil des investisseurs étrangers, mais aussi la promotion de l’investissement local. C’est pourquoi il est important de réfléchir pour voir comment rendre l’informel conforme aux droits, en s’inspirant de nos réalités locales pour établir des lois conformes, car l’informel doit obéir à ses propres règles’’, conclut-il.

VOTRE RÉACTION?

#WakhSaKhalatt

https://teledakar.net/assets/images/user-avatar-s.jpg

0 comment

Write the first comment for this!