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Le Mali a présenté devant l'Onu une lettre portant des accusations selon lesquelles l'armée française fournirait des informations aux groupes terroristes.
Le Mali accuse la France de soutenir les terroristes
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Samedi dernier [13.08.22], le dernier convoi logistique des forces françaises a quitté le camp de Gao, dans le centre-nord du Mali, pour gagner la base de Niamey. Environ 150 militaires sont restés jusqu'au lendemain pour assurer la garde du camp et ont également quitté les lieux après la " cérémonie de rétrocession " du camp de Gao aux Fama. L'état-major français parle d'une " réarticulation du dispositif " Barkhane hors du Mali. Entre satisfaction et rupture Le porte-parole rappelle que le départ des soldats français est une " adaptation à un contexte politique jugé incompatible avec la manière dont [l'armée française] opère ". En langage courant, cela signifie qu'il y a bien de l'eau dans le gaz entre Bamako et Paris.

L'armée française semble pourtant être satisfaite de son action au Mali : Serval a permis "d' arrêter la progression " des groupes djihadistes vers Bamako et leur " sanctuarisation " dans le nord, quant à Barkhane, elle a " empêché la constitution d'un califat " au Mali et permis à la fois d'entraîner et de former les armées partenaires. Pourtant dans le même temps, les autorités maliennes viennent de saisir le Conseil de sécurité de l'Onu, reprochant à la France de fournir des armes et des renseignements aux groupes djihadistes. Un reproche qui trouve un écho jusqu'au Niger. Car désormais, c'est depuis le Niger essentiellement qu'agira Barkhanes. Sa base de Niamey constitue un point d'appui important pour le transit du personnel et du matériel : les moyens de Gao ont été transférés à Niamey.

Mal accueillie au Niger Cette arrivée de soldats français au Niger ne contente pas tous les Nigériens. Une nouvelle coalition d'une quinzaine d'organisations de la société civile s'est même constituée pour réclamer leur départ : le M62. Ce mouvement organisait aujourd'hui une marche pacifique dans la capitale nigérienne " pour la défense de la souveraineté et de la dignité " du Niger. Abdoulaye Seydou dirige le REPPAD, Réseau Panafricain pour la Paix, la Démocratie, et le Développement qui fait partie du M62. "Ce genre d'attitude de la part de la France et de l'opération Barkhane vont davantage aggraver les rapports très tendus entre le Niger et le Mali. Or il est impossible de vaincre le terrorisme aujourd'hui s'il n'y a pas des rapports basés sur la confiance entre le Mali, le Niger et le Burkina. C'est impossible", estime Abdoulaye Seydou

Une nouvelle stratégie à peaufiner Face aux critiques, depuis l'année passée, la France a adopté une nouvelle stratégie militaire, une stratégie discrète dans la lutte anti terroriste, en laissant aux forces des pays sahéliens où elle est présente les commandes des opérations. Pourtant, ces pays attendront de la France des résultats pour justifier sa présence, sinon, pense Seidik Abba, journaliste et spécialiste du Sahel : "Aujourd'hui, le rejet de la France n'est pas contrairement à ce qu'on dit, un sentiment anti français. Non. C'est lié à l'absence de stratégie véritable de lutte que la France a mené jusqu'ici. Si elle change de stratégie et que les résultats sont meilleurs, je suis sûr que les gens n'ont pas simplement une posture idéologique contre la France. C'est parce que simplement, elle n'a pas obtenu les résultats qu'elle aurait pu obtenir." Selon Seidik Abba, devant le Conseil de sécurité de l'Onu Bamako devra fournir des preuves solides : "A priori, si les autorités maliennes franchissent ce pas d'aller jusqu'au Conseil de sécurité, on présume qu'elles ont rassemblé des preuves. Et si elle ne les ont pas rassemblées, vous imaginez tout le discrédit que cela pourrait avoir. Parce que récemment, quand il y a eu des attaques à Tessit, où 42 soldats maliens ont été tués, les autorités maliennes avaient parlé de soutien extérieur, de survol de drone, mais, elles n'avaient pas apporté la preuve." En effet, au mois d'avril dernier, l'armée française avait diffusé les images de drone qui montraient ce qu'elle affirmait être des mercenaires russes en train d'enterrer des corps près de la base de Gossi. Une accusation qu'a rejetté l'armée malienne, ajoutant que c'était de fausses images montées de toutes pièces afin d'accuser ses soldats d'être les auteurs de massacres de civils, dans le but de ternir (son) image.

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